Brimstone

Brimstone est un western féministe mais pas vraiment destiné au grand public. Sans concession, extrêmement dur, il a même été interdit au moins de 16 ans en France. Cette interdiction est certainement trop forte, certes il y a des scènes hard mais pas plus que certains films d’horreur. Après c’est certainement le côté dérangeant du propos qui justifie l’interdiction. Le film a une atmosphère très pesante et un peu sale, dont on a un peu de mal à se défaire en sortant de la salle.

 

Liz est une jeune femme muette, qui vit paisiblement avec son mari, son beau-fils et sa fille dans l’Ouest américain au XIXème siècle. Le jour où elle est obligée de choisir entre la vie de la mère ou de l’enfant lors d’un accouchement, coïncide malheureusement avec le jour où un nouveau prêcheur arrive en ville. Celui-ci complétement flippant, pousse les habitants à se méfier de la jeune femme. La vie tranquille commence alors gentiment mais surement à basculer. Le réalisateur, Martin Koolhoven, a pris le parti prix de narrer son histoire à l’envers et en chapitre. Ce qui est plutôt malin et permet au spectateur de rester accrocher malgré la dureté de ce qui se passe à l’écran. On a forcément envie de savoir d’où vient ce prêcheur et quelle est l’histoire de Liz.

 

Brimstone fonctionne bien même s’il dérange énormément. Et il fonctionne principalement grâce à l’interprétation sans faille de Guy Pearce et Dakota Fanning. Le premier livre une prestation sans concession comme son personnage. Il est terrifiant et prend toute la place à l’écran quand il apparait. Aussi froid qu’il est possédé par sa certitude d’être dans son bon droit, il est excellent. Dakota Fanning quant à elle, alterne aussi les différents styles de jeu et est assez impressionnante. Surtout que sur toute une partie du métrage, elle ne parle pas, tout passe par le visage et les yeux. La galerie des personnages secondaires est également réussie, même s’ils paraissent forcément un peu fades face à Pearce et Fanning.

 

Brimstone attaque sans ménagement la religion et les dérives engendrées par l’interprétation que certains font des textes sacrés. La réalité dépeinte dans le film est forcément arrivée à l’époque mais on peut se poser la question de savoir s’il était vraiment nécessaire de le mettre en images. Même si l’interprétation des deux acteurs principaux vaut le détour, le film est extrêmement dérangeant et surtout très long par moment. Il aurait mérité d’être raccourci afin d’être plus percutant. Après on peut comprendre également le choix de réalisateur de ne pas édulcorer son propos. Quitte à choquer et à faire réagir, autant aller jusqu’au bout. Certains crieront au génie, d’autres se diront qu’il n’est pas nécessaire de faire des films aussi durs.

 

Ames sensibles s’abstenir. Rien n’est épargné au spectateur avec Brimstone. Il mérite d’être vu, au moins une fois pour se faire sa propre idée. Mais il vaut mieux y aller de bonne humeur pour ne pas finir complétement déprimé après la séance. Reste la prestation magistrale de Guy Pearce et Dakota Fanning.

 

Photo prise sur Allociné // Copyright Momentum Pictures

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *