Pourquoi sortir des sentiers battus?

Deux ans auparavant, tout stagnait dans ma vie… Et ce à tous les niveaux, que ce soit sur le plan personnel, familial ou professionnel et amoureux. J’essayais en vain de m’accrocher à des projets éphémères pour pouvoir tenir le coup. Mais je finissais bien souvent par raccrocher, me rendant compte que cela n’allait pas m’aider à remonter la pente.

Tout commença en Avril 2014, j’étais en pleins préparatifs de mon mariage, mon ami m’annonça soudainement qu’il ne souhaitait plus se marier. La nouvelle tomba comme un couperet : le temps se mit à s’arrêter. J’étais envahie par la colère et n’arrivais plus à la maîtriser, toute la rage accumulée ne demandait qu’une chose : sortir de mon corps.

Sur le moment, je ne réalisais toujours pas ce qui m’arrivait. J’avais l’impression de me retrouver en plein cauchemar et je pensais que j’allais bientôt me réveiller. Cela me mettait hors de moi, je lui en voulais pour la froideur dont il fit preuve en m’annonçant cette nouvelle. C’était comme s’il me faisait part d’un fait plutôt banal ou qu’il avait pris cette décision sans même prendre le temps de me consulter. Aucun retour en arrière n’était possible, sa décision était arrêtée et je devais faire avec. Mais je ne voulais pas faire avec…

Il était hors de question que je me résigne, que j’accepte, que je passe l’éponge. Je me repassais en boucle tous ces moments où je m’étais résignée, cette fois-ci était la fois de trop. Je ne me sentais pas en capacité d’accueillir une telle nouvelle. Mon rêve de petite fille s’écroulait : me marier. La semaine suivant ce drame, je devais normalement essayer des robes de mariées pour trouver LA ROBE. Je me faisais une joie à cette idée et n’avais qu’une hâte : enfiler ces jolies robes mais je devais y renoncer.

Ne pouvant me contenir, les cris prirent le dessus. Je désirais obtenir la réponse à mon pourquoi mais je dus me contenter de : « Tu dois gérer ton caractère, ça ne peut pas fonctionner comme ça, il faut que tu consultes quelqu’un. » Ma colère atteignant son paroxysme, je demandai à mon ami de quitter le foyer pour des raisons plus que salutaires autant pour lui que pour moi.

J’avais besoin de temps nécessaire pour réfléchir seule et faire le point sur notre relation… Je ne comprenais pas son geste et ne pouvais m’empêcher de penser que par cet acte il remettait en question notre couple. Je ne savais pas ce que j’allais devenir, j’avais peur de la réaction de mes proches.

Voulant fuir tout cela, je mis mon conjoint devant le fait accompli, le laissant dans l’entière responsabilité de prévenir notre entourage, je l’admets aujourd’hui je l’ai laissé seul dans cette initiative presque par vengeance pour qu’il assume pleinement ses actes.

La réaction des proches fut plus ou moins pénible. Tout le monde commençait à dire tout haut ce qu’il pensait tout bas, me poussant à prendre ou ne pas prendre de décisions radicales sur notre vie future. Pour ma part, cela me tentait de prendre une décision radicale tellement j’étais excédée: à savoir le quitter. Peut-être n’étais-je pas prête à le faire ou du moins n’en avais-je pas la force ou le courage.

Cette parenthèse dura un mois, la vie à deux reprit son cours. Tout se passait très bien au début, j’avais cette sensation à nouveau d’être comme un jeune couple : les premiers émois, la découverte de sentiments amoureux, les papillons dans le ventre. Ce fut hélas passager : ma rancœur revenait sur le devant de la scène, je n’arrivais pas à passer à autre chose, et je me rendais surtout compte que j’étais incapable de lui pardonner.

C’était invivable autant pour lui que pour moi. Le mot mariage occupait le centre de nos conversations entre les « Quand est-ce que tu vas m’épouser ? » et autres réponses que je voulais obtenir.

De plus, j’étais toujours sans réponse concernant le pourquoi de son geste, n’obtenant qu’en guise de réponse : « Ce n’est pas la chose la plus importante pour moi. » LE MARIAGE : je ne supportais plus de voir des reportages à ce sujet à la télé ou encore des films ou voire même encore pire, je redoutais que quelqu’un ne se marie dans mon entourage. Je me sentais frustrée et le fait de renoncer à cela me frustrait davantage et exacerbait ma rancœur envers mon compagnon.

Comme ce mot était omniprésent dans notre vie, il décida de se raccrocher à un autre projet qui me tenait à cœur : concevoir un enfant et devenir maman.

Ce fut une autre épreuve pénible et douloureuse dans ma vie. Chaque mois, j’attendais, j’espérais. Je n’aurai jamais été autant à l’écoute de mon corps durant cette période. J’analysais chaque signe comme pouvant être un signe quelconque de grossesse. Mais les mois passèrent et cet enfant n’arriva pas.

Une autre déception de plus remettant au goût du jour cette frustration se faisant sentir autant en moi-même que dans notre relation.

Je ne me sentais pas soutenue dans cette démarche. A chaque fois que je percevais le moindre signe qui pouvait me faire espérer que…, il me décourageait : « Tu te trompes, tu as ça à chaque fois, tu vas bientôt avoir tes règles comme à chaque mois ». Je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il ne voulait pas de cet enfant.

Je vivais chaque relation sexuelle comme étant l’opportunité de tomber enceinte et je devais le supplier de passer à l’acte pour augmenter mes chances de concevoir.

Le terme grossesse prenant de l’ampleur dans notre foyer et constatant que cela posait problème, je décidai d’aller consulter un psychologue. C’était une façon pour moi de repartir à zéro et nous redonner une nouvelle chance.

Je me sentais bien seule dans ce projet, les séances avançant et pointant du doigt des choses que je ne voulais pas voir jusque-là.

Comme pour le mot MARIAGE, je ne supportais les mots GROSSESSE, BÉBÉ, j’enviais mes amies, ma sœur qui devenaient enceintes à leur tour, je cachais derrière un sourire de façade ma tristesse et ma frustration enfouies en moi.

Ma colère (sur laquelle j’essayais de travailler) laissant place également à la solitude, les deux ne faisant que prendre le pas, j’appris à la canaliser afin de pouvoir contenter tout le monde. Je saisissais la moindre occasion pour pouvoir sortir de là, de chez moi, de chez nous. Et ce fut la première année où je commençai à partir en vacances entre amies : notamment l’année dernière que je qualifierai d’été tourmenté.

En effet, je fis la rencontre d’un homme qui bouleversa ma vie. Ce ne fut qu’une heure passée avec lui mais ce fut une heure intense, mémorable et inoubliable.

Nous étions à une terrasse de café et faisions connaissance. Nous avions échangé sur des thèmes divers. J’avais abordé sans détour mon projet de devenir maman, le fait que je ne me sentais pas bien dans mon corps (oui en plus de ne pas me sentir bien dans ma tête, je n’aimais pas mon corps) et je me rappelle comment immédiatement il m’a rendu mon sourire.

Il tenta de me séduire ne pouvant se détacher de mes yeux et de ma bouche. Cela aurait pu simplement flatter mon égo mais je ne demeurai pas insensible à son charme. Cet homme qui se tenait devant moi dégageait tellement de simplicité, de gentillesse et se mettait à nu pour moi. N’en pouvant plus, je dus m’absenter aux toilettes pour reprendre mes esprits.

Nous décidâmes de nous promener sur le port. À mon tour, me sentant en confiance, je me mettais également à nu. De temps en temps, nous marquions des arrêts, il me contemplait et continuait à me séduire. Je rougissais de plus en plus en mon for intérieur.

Je ne sais pas si le coup de foudre existe ou peut-être que la fille rationnelle qui sommeille en moi refuse d’y croire mais j’ai ressenti des choses très fortes à ce moment-là qui m’ont fait sortir de mon quotidien le temps d’un instant. Le temps s’était arrêté dans le bon sens du terme.

Toutes les bonnes choses ont une fin : je devais rentrer de vacances et retrouver mon quotidien. J’étais complètement submergée par mes pensées, par cette rencontre, par cet homme.

D’ailleurs, je me rappelle très bien ce qu’évoquait une de mes amies avec qui j’échangeais qui me fit une remarque très pertinente : « C’est marrant, tu es rentrée, mais je te sens complètement ailleurs, comme si tu n’étais pas ici ». Et c’était exactement ça.

Je me souviens comment j’éloignais le plus possible mon téléphone afin de ne pas LE recontacter. Je ne pouvais plus résister et me résolus à le contacter.

A partir de cet instant, progressivement une relation naissait de par ces échanges, je commençai à me sentir coupable, je m’éloignais de l’un et me rapprochai de l’autre, n’arrivant pas à fuir ses appels du pied, devinant à demi-mot ce que je ressentais pour lui et réussissant à me le faire dire haut et fort.

Comme je le dis souvent, les choses n’arrivent pas par hasard. Selon moi, elles sont porteuses de sens et donnent du sens par rapport au chemin que l’on veut prendre dans sa vie.

Je devais prendre une décision : continuer à mener ma vie ou prendre une autre direction sans savoir exactement où j’allais.

Ce fut très difficile car je ne m’étais confiée à personne, je souhaitais prendre cette décision moi-même et informer directement les personnes concernées.

Je pensais à tout le mal que j’allais causer autour de moi plus qu’au mal que j’allais causer à mon ami et je me demandai si j’allais être comme toutes ces femmes qui n’ont pas eu le courage de quitter leur compagnon.

Finalement, j’ai opté pour la direction suivante : ne pas faire une concession de plus (le mot CONCESSION m’est aussi insupportable) penser à moi, faire ce dont j’avais envie en suivant ce que me dictait mon cœur.

J’ai quitté ma région natale, je me suis éloignée de ma famille, de mes amies et je vis en dehors de la ville (un paradoxe pour moi, la grande citadine que je suis). De plus, la femme active que j’étais se retrouve au chômage à faire la popote et à attendre patiemment son homme rentrer de sa journée de travail.

Je suis enfin heureuse pour la première fois de ma vie en menant cette vie en partie contradictoire avec mon passé, je profite de chaque instant de bonheur et de plaisir simple et ne regrette aucunement ce tournant qu’a pris ma vie.

Je ne prétends pas donner une leçon de morale avec ce récit mais j’ai juste envie de vous délivrer ce message, mesdames : faites ce que bon vous semble, osez, n’ayez aucune honte à dire non, pensez avant tout à vous, à ce que voulez vraiment sans vous soucier de ce qu’il y a autour de vous, ne vous projetez pas dans l’avenir (je sais qu’on a toutes tendance à le faire, moi la première), ne planifiez pas, consacrez-vous à ce qu’il y a là : maintenant !

N’oubliez pas que vous seules savez ce qu’il y a de bon pour vous, c’est votre for intérieur qui doit vous aider à prendre la bonne direction, c’est la clef selon moi pour vivre pleinement sa vie et être heureuse.

 

2 commentaires

  • Très bel article, j’aime beaucoup la conclusion: il faut oser et ne pas se laisser enfermer par notre entourage dans quelque chose qui ne nous convient pas!

  • J’ai été captivé par ton article, ça a dû être très dur pour toi tout ses changements. Je n’arrive même pas à imaginer. Du coup tu as quitté ton compagnon pour cet homme (qui est devenu ton amoureux) ou pas du tout ? Je suis curieuse de savoir, je suis pas sur d’avoir bien compris !

    En tout cas profite de la vie, qui est bien trop courte et fais ce qu’il te plait 🙂
    Des bisous!

    • Bonjour Émeline,
      Merci pour ton retour qui me fait très plaisir.
      Oui c’est vrai ça fait beaucoup de changements au sein de ma vie.
      Ça n’a pas été simple, tout cela est arrivé très vite. Avec le recul, je me dis que si ces changements sont survenus dans ma vie ce n’est pas par hasard. Ces événements qu’on peut nommer « épreuves », il ne faut pas les percevoir comme étant quelque chose de négatif mais comme étant quelque chose que tu dois apprendre à accepter. Après peu importe ce que tu décides de faire ou de ne pas faire, seule toi sait ce qu’il y a de bon pour toi.
      Tout cela pour dire que « ce qui nous ne tue pas nous rend fort ». Les épreuves bien difficiles qu’elles soient sont là pour nous faire grandir.
      Sinon pour répondre à ta question : oui j’ai quitté mon compagnon pour cet homme qui partage ma vie depuis un an.
      Mon coeur a parlé et j’ai décidé de le suivre et de mettre un terme à une histoire qui n’existait plus.
      Je te souhaite également tout pleins de bonnes choses, tu as absolument raison : nous n’avons qu’une seule vie et il faut en profiter.
      Pleins de bisous . Alice

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